Le Dr CHAVEZ pour le CDS au Méxique

Pedro Chávez Zavala et le CDS : l’histoire du médecin qui affirme avoir traité des milliers de patients atteints du Covid-19

Photo extraite du rapport officiel du Gouvernement du Pérou.

Enquête documentaire

Au printemps 2020, alors que le monde médical découvre avec inquiétude une maladie nouvelle dont les mécanismes, les traitements et même l’évolution clinique restent encore largement incertains, un médecin mexicain va progressivement devenir l’une des figures les plus controversées de la bataille autour du traitement du Covid-19. Son nom est Pedro Chávez Zavala, médecin chirurgien issu de la médecine militaire mexicaine, ancien colonel de l’armée, qui affirme connaître le dioxyde de chlore depuis plusieurs années et avoir acquis, avant même l’apparition du SARS-CoV-2, une expérience personnelle de cette substance. Lorsque la pandémie commence, il ne découvre donc pas le CDS dans l’urgence : il dispose déjà d’une conviction concernant ses propriétés et va chercher à déterminer s’il pourrait être utilisé face à cette nouvelle maladie. Ce qui va suivre est une histoire faite de témoignages de patients, de réunions de médecins, de dossiers scientifiques, de demandes d’essais cliniques, de conférences internationales, d’une audition devant le Congrès péruvien et, finalement, d’une opposition frontale avec une grande partie des autorités sanitaires et du monde scientifique. Pour comprendre cette histoire sans la réduire à une caricature, il faut commencer par distinguer deux questions qui ont trop souvent été confondues : qu’a réellement fait et affirmé Pedro Chávez ?

Un médecin militaire déjà familiarisé avec le dioxyde de chlore

Pedro Chávez Zavala est présenté dans les documents et interviews disponibles comme un médecin chirurgien ayant effectué une partie importante de sa carrière dans le système de santé militaire mexicain, avant de quitter l’armée en 2005 avec le grade de colonel. Les sources consacrées à son parcours le présentent également comme un médecin qui s’est ensuite intéressé à différentes approches de médecine intégrative. Lorsqu’il raconte son parcours pendant la pandémie, il insiste sur un élément qui lui paraît essentiel pour comprendre son engagement : le dioxyde de chlore n’est pas pour lui une découverte opportuniste née de la crise du Covid-19. Il affirme en connaître l’utilisation depuis environ une dizaine d’années et avoir acquis une expérience préalable de la substance. Une transcription d’une interview réalisée en octobre 2020 le présente déjà comme président de COMUSAV au Mexique et indique qu’il connaissait et utilisait le dioxyde de chlore depuis environ dix ans.

Cette précision est importante car elle permet de comprendre pourquoi, dès les premiers mois de la pandémie, Chávez adopte une position beaucoup plus affirmée que celle d’un médecin qui découvrirait simplement une nouvelle substance sur Internet. Dans son esprit, la question n’est pas de savoir si le dioxyde de chlore possède des propriétés chimiques intéressantes : celles-ci sont connues depuis longtemps. La question qu’il se pose est plutôt de savoir si, utilisé sous une forme et à une concentration qu’il considère appropriées, le dioxyde de chlore pourrait être employé médicalement contre une infection virale comme celle provoquée par le SARS-CoV-2.

C’est cette conviction qui va rapidement l’amener à contacter d’autres médecins et à participer à la structuration de la Coalición Mundial Salud y Vida, connue sous le nom de COMUSAV.

2020 : la naissance d’un mouvement médical autour du CDS

Au cours de l’année 2020, le COMUSAV se développe rapidement en Amérique latine et rassemble des médecins qui souhaitent promouvoir ou étudier l’utilisation du dioxyde de chlore dans le contexte de la pandémie. Chávez devient l’une des figures centrales de l’organisation au Mexique. En novembre 2020, il est officiellement présenté comme président du COMUSAV México et affirme avoir remis aux autorités sanitaires mexicaines un dossier de plus de 200 pages contenant, selon lui, des éléments scientifiques concernant la toxicité et l’efficacité du CDS. Le document est présenté comme ayant été adressé notamment aux autorités fédérales de santé et à COFEPRIS.

Il existe aujourd’hui une copie accessible du dossier de COMUSAV consacré à la demande d’essais cliniques. Le document, dont une version disponible compte 168 pages, est explicitement présenté comme un « Pedido de Ensayos Clínicos de CDS ». Son sommaire comprend des documents sur la toxicologie du dioxyde de chlore, des études précliniques, des références scientifiques, des données expérimentales et différentes pièces destinées à soutenir la demande d’une étude clinique.

Ce dossier est particulièrement intéressant parce qu’il permet de corriger une représentation trop simple de l’histoire. Chávez et ses collègues ne se contentaient pas de demander au public de croire leurs témoignages : ils cherchaient également à faire entrer le CDS dans un processus expérimental officiel. Leur position était, en substance, que les observations réalisées par des médecins justifiaient que les autorités autorisent enfin des recherches cliniques permettant de déterminer si ces observations étaient fondées.

« Nous avons des patients qui vont mieux »

Dans Bye Bye Covid, un ouvrage consacré au mouvement autour du CDS, Chávez raconte notamment avoir pris en charge des patients dans des hôpitaux civils et avoir été sollicité par des médecins qui souhaitaient comprendre comment intégrer le dioxyde de chlore à la prise en charge de patients atteints de Covid-19. Il affirme même qu’un médecin hospitalier en Bolivie l’avait contacté pour obtenir des informations sur l’utilisation du dioxyde de chlore dans un contexte hospitalier. Il déclare également qu’en une année, il avait personnellement traité environ 3 000 patients avec succès.

Titre du livre BYE BYE COVID

Ce livre est optimal pour les personnes qui doutent de la véracité et de l’efficacité des CDS, soutenues par plus de 30 médecins avec des données utiles à la fois pour le « Long Covid » et pour contrer les effets néfastes des « vaccins ARNm » en aidant à rétablir la santé de ceux qui en souffrent.

« BYE BYE COVID » est un livre puissant écrit par le Dr. h.c. Andreas Ludwig Kalcker, auteur renommé de plusieurs ouvrages scientifiques, en collaboration avec le Dr. Manuel Aparicio, Col. Dr. Pedro Chávez,  el Dr. Martin Ramírez Beltrán, la Dra. Giselle Barrantes, la Dra. Viviane Brunet, el Dr. José María Cabezas, el Dr. Pablo Carvajal, el Dr. Roberto García, el Dr. Sandro Moncada, el Prof. Dr. Antonio Añi, el Dr. Christian Ortiz, el Dr. Ernesto Pazos, el Dr. Mauricio Quiñonez, el General Dr. Mauricio Quiñonez, el Gen. Mauricio Quiñonez, el General Dr. Victor Manuel Rico, la Ing. Lourdes Torres, el Dr. Ricardo Velázquez Larrinaga, Gonzalo Arcos, la Sec. Gral. Comusav Tannia Bayas, la periodista Verónica Del Castillo, la periodista Karla Revollo, la Bióloga Ing. Eidy María Schmitter, el Dr. Murad Agha, el Dr. Yohanny Andrade, el Col. Guillermo Tamayo y la Capt. Dr. Pamela Trujillo et autres. Ils faisaient tous partie du projet « BYE BYE COVID », qui porte sur le dioxyde de chlore sous forme de CDS, une substance que des milliers de médecins dans plus de 25 pays utilisent actuellement pour lutter contre cette maladie. Livre dispo sur le site d’Andreas Kalcker https://andreaskalcker.com/fr/livres

Ce livre est la preuve clinique que la CDS fonctionne et qu’elle n’est pas dangereuse.

Le même témoignage contient un récit beaucoup plus précis, concernant un patient hospitalisé à Mexico en octobre 2020. Chávez raconte qu’un patient se trouvait dans un état extrêmement grave, avec une faible saturation en oxygène et une atteinte rénale importante, et que l’équipe médicale lui aurait finalement permis d’intervenir avec du dioxyde de chlore administré par voie intraveineuse. Il affirme que l’état du patient s’est ensuite progressivement amélioré et présente des images radiologiques ainsi que des dates d’évolution dans son témoignage. Selon son récit, le patient a finalement quitté l’hôpital le 6 novembre 2020. Pour Chávez, ce type de cas représente précisément la raison pour laquelle il fallait étudier le produit plutôt que le condamner a priori.

Le CDS n’est pas, dans son discours, la même chose que le MMS

Un autre élément revient régulièrement dans les documents défendus par COMUSAV : la volonté de distinguer le CDS du MMS et des préparations contenant encore du chlorite de sodium et un acide.

Le dossier de demande d’essais cliniques explique que le CDS est présenté comme une solution dans laquelle le dioxyde de chlore est préalablement produit puis dissous dans l’eau, tandis que le MMS correspond à une préparation obtenue en faisant réagir du chlorite de sodium avec un acide. Les auteurs du dossier insistent sur le fait que leur approche repose sur du dioxyde de chlore dissous et non sur l’ingestion directe des réactifs utilisés pour produire le gaz.

Cette distinction fait partie de la défense de Chávez : selon lui, une grande partie des critiques adressées au dioxyde de chlore mélangent différentes substances, différentes concentrations et différentes méthodes de préparation. Le débat qu’il souhaite voir s’instaurer porte donc sur la préparation précise et la concentration précise qu’il défend, et non sur toutes les préparations commercialisées ou fabriquées artisanalement sous le nom générique de « dioxyde de chlore ».

Le raisonnement médical de Chávez

La théorie défendue par Chávez et ses collaborateurs repose principalement sur les propriétés oxydantes du dioxyde de chlore. Le produit est capable de réagir chimiquement avec différentes molécules et cette propriété est précisément à l’origine de nombreuses applications du dioxyde de chlore dans le traitement de l’eau.

Le raisonnement défendu par les promoteurs du CDS est que cette capacité d’oxydation affecte certaines structures nécessaires au fonctionnement des virus, et notamment certaines protéines ou molécules présentes à leur surface. Le dossier de COMUSAV consacre une partie importante de son argumentation à ces mécanismes chimiques et biologiques, tandis que l’intervention de Chávez devant le Congrès péruvien portait précisément sur la « structure du SARS-CoV-2 et les mécanismes d’action du dioxyde de chlore comme antidote pour le Covid-19 ».

Chávez explique que la question doit être étudiée en tenant compte des faibles concentrations utilisées dans son protocole et des données toxicologiques qu’il estime favorables.

La question de la toxicité

La toxicité constitue probablement le principal point d’affrontement entre les défenseurs du CDS et les autorités sanitaires. Le dioxyde de chlore est un oxydant puissant et son exposition à certaines concentrations peut être nocive. Les autorités sanitaires internationales ont donc déconseillé son ingestion comme traitement médical du Covid-19.

Le Dr Chávez et le COMUSAV répondent que cette affirmation ne permet pas de conclure que toutes les concentrations ou toutes les formes de dioxyde de chlore seraient nécessairement dangereuses. Leur dossier rassemble donc des données toxicologiques destinées à soutenir l’idée qu’une exposition contrôlée et fortement diluée peut avoir un profil différent de celui d’une exposition importante.

Une étude de toxicité réalisée par un groupe comprenant Alberto Rubio Casillas, Mario Villaseñor Huerta, Martín García de Alba Toscano, Pedro Chávez Zavala et Andreas Kalcker est également mise en avant par les promoteurs du CDS. La page de publication de Kalcker décrit cette étude comme une évaluation de la consommation orale de dioxyde de chlore à 30 ppm sur une période de 22 jours, et rapporte l’absence, dans les paramètres examinés, de signes de défaillance rénale ou hépatique ou de destruction des globules rouges.

Source pour cette étude et les brevets https://andreaskalcker.com/fr/publications/

Le résumé présenté par Kalcker indique que l’objectif était d’évaluer si la consommation orale de dioxyde de chlore pouvait provoquer des effets toxiques sur l’organisme humain. Les auteurs expliquent que leurs détracteurs affirmaient notamment que le ClO₂ pouvait endommager les reins et le foie et détruire les globules rouges ; ils disent donc avoir cherché à vérifier ces effets à l’aide de paramètres biochimiques. Ils annoncent ensuite que, dans les conditions étudiées, la consommation orale de 30 ppm/L pendant 22 jours n’aurait entraîné ni insuffisance rénale ou hépatique ni destruction des globules rouges.

Les auteurs sont rattachés à un laboratoire clinique de l’hôpital régional d’Autlán, à un laboratoire de chimie de l’Université de Guadalajara, à COMUSAV Mexico et, pour Kalcker, à son activité de chercheur indépendant en Suisse. Alberto Rubio Casillas est indiqué comme auteur correspondant.

La question scientifique fondamentale reste donc celle de la relation entre dose, durée, voie d’administration, état du patient, bénéfice éventuel et risque éventuel.

Chávez demande une étude officielle

C’est l’un des aspects les plus importants de son histoire, en 2020, le Dr Chávez affirme avoir constitué avec le COMUSAV un dossier scientifique destiné aux autorités mexicaines afin d’obtenir l’autorisation d’essais cliniques. Le dossier accessible aujourd’hui contient effectivement une structure correspondant à une demande de recherche, avec une compilation de références toxicologiques et expérimentales.

Source espagnole : https://www.yumpu.com/es/document/read/64900521/dossier-comusav-resumen-seg-05112020/25

Cette démarche est essentielle pour comprendre ce que Chávez prétendait réellement demander : il ne soutenait pas seulement que le CDS devait être immédiatement reconnu comme médicament officiel ; il affirmait également que les autorités devaient permettre aux médecins de tester scientifiquement une hypothèse qu’ils considéraient comme prometteuse.

Dans une interview publiée en 2021, il insiste encore sur son travail visant à obtenir de COFEPRIS l’autorisation d’essais cliniques. L’article le présente comme engagé dans cette démarche depuis plusieurs mois. La question de savoir si les autorités ont considéré le dossier suffisamment solide pour autoriser de tels essais est une autre affaire : le fait essentiel est que Chávez a effectivement entrepris cette démarche et que des documents correspondant à cette demande existent.

2021 : le Congrès péruvien

La trajectoire de Chávez atteint un moment particulièrement important le 19 juin 2021, lorsqu’il est invité à intervenir devant la commission d’enquête du Congrès de la République du Pérou consacrée aux effets positifs ou négatifs du dioxyde de chlore.

Le document officiel du Congrès est sans ambiguïté : Pedro Chávez Zavala, présenté comme médecin chirurgien et président de la COMUSAV au Mexique, est inscrit comme intervenant de la quatrième session extraordinaire, avec une présentation intitulée : « Estructura del SARS CoV 2 y Mecanismos de acción del dióxido de cloro como antídoto para el COVID 19 ».

Le rapport officiel de 141 pages est dispo ici en PDF sur le site du Congrès du Pérou https://leyes.congreso.gob.pe/Documentos/2016_2021/Informes/Comisiones_Investigadoras/OFICIO-026-2020-2021-CIPEPNDCSVCPC19-CRR.pdf?utm_source=chatgpt.com

Cette audition est historiquement importante parce qu’elle donne à Chávez une tribune institutionnelle pour exposer son raisonnement. Il n’est plus seulement interrogé par des journalistes ou attaqué sur les réseaux sociaux : il intervient devant une commission parlementaire qui avait précisément pour mission d’étudier le sujet.

Le rapport final de la commission reprend d’ailleurs la participation de Chávez ainsi que celle d’autres médecins de COMUSAV. Le même rapport contient une présentation de Manuel Aparicio Alonso consacrée aux données statistiques revendiquées par le groupe.

Capture d’écran de ce document gouvernemental.

Traduction de cette page : Cette transformation est sans danger pour l’organisme car elle met en jeu des substances déjà présentes en lui. Au cours de ce processus, le dioxyde de chlore se dissocie également en ions oxygène et chlorure. L’oxygène se combine à l’hydrogène pour former de l’eau (H₂O) ou au carbone pour former du dioxyde de carbone (le gaz que nous expirons). Le chlore se combine au sodium présent dans l’organisme pour former du sel de table (NaCl).

Plusieurs patients sont présentés, avec photos et résultats d’examens médicaux, rendant indiscutable les bienfaits obtenus par le CDS !

L’équipe médicale qui a soigné ces patients gravement atteints, sont-ils tous des menteurs ou des affabulateurs ?

Les chiffres qui ont marqué la controverse

Les chiffres présentés par COMUSAV sont considérables.

Ces chiffres sont évidemment impressionnants, et ils expliquent en grande partie pourquoi Chávez et ses collègues considéraient que leur expérience méritait d’être prise au sérieux.

Le cœur de la défense de Chávez

Si l’on voulait résumer le raisonnement de Chávez de la manière la plus fidèle possible, il pourrait être formulé ainsi : « Nous sommes des médecins, nous avons utilisé une substance que nous connaissions déjà, nous avons observé des résultats que nous considérons comme très favorables, nous avons documenté nos observations, nous avons rassemblé la littérature scientifique disponible et nous demandons que cette hypothèse soit testée correctement. »

C’est une position très différente de celle qui consisterait à dire qu’un témoignage individuel suffit à prouver une thérapie. Chávez est convaincu que les médecins de terrain ont été confrontés à une situation exceptionnelle : au début de la pandémie, les traitements disponibles étaient limités, les hôpitaux étaient saturés et de nombreux patients mouraient. Dans ce contexte, il estime que refuser d’étudier une piste thérapeutique qu’il considère prometteuse constituait une erreur.

Ses opposants répondent que précisément parce que les patients étaient gravement malades et vulnérables, il fallait éviter d’introduire des traitements dont l’efficacité et la sécurité n’avaient pas été suffisamment démontrées.

Les deux positions reposent donc sur des conceptions différentes de la prudence médicale, c’est le moins qu’on puisse dire, car d’un côté on essaye un produit connu et bon marché pour tenter, et réussir, à sauver ces patients, et de l’autre on décide de ne rien faire et de les laisser mourir parce qu’il n’y a pas eu de grandes études cliniques reconnues par les courants scientifiques dominants ! D’un côté on sauve des patients, de l’autre on les condamne !

Pourquoi les critiques ont-elles été si sévères ?

Les critiques du CDS ne contestent pas nécessairement l’existence des patients évoqués par Chávez ni le fait que certains aient effectivement récupéré. Leur objection fondamentale est méthodologique : comment savoir quelle partie de cette récupération est réellement due au dioxyde de chlore ?

Un patient atteint de Covid peut recevoir simultanément de l’oxygène, des corticoïdes, des anticoagulants, des antibiotiques en cas de complication, des soins infirmiers intensifs, une surveillance médicale et éventuellement d’autres traitements ; il peut également évoluer spontanément vers la guérison. Sans groupe contrôle correctement constitué, il est très difficile d’attribuer le résultat à une seule intervention.

Une revue publiée en 2021 portant spécifiquement sur les preuves cliniques du dioxyde de chlore contre le Covid-19 concluait qu’il n’existait pas alors de données cliniques suffisantes permettant d’établir son efficacité. Cette conclusion représente la position scientifique dominante sur le sujet. Elle ne signifie cependant pas que les observations rapportées par COMUSAV n’ont jamais existé : elle signifie que ces observations ne répondaient pas aux critères nécessaires pour établir une efficacité clinique.

Cette distinction est fondamentale si l’on veut rendre justice à Chávez sans transformer son témoignage en démonstration scientifique.

Le cas particulier de l’administration intraveineuse

Le récit de Chávez concernant les patients hospitalisés mérite une attention particulière parce qu’il montre jusqu’où allait sa conviction.

Dans son témoignage de 2020, il décrit notamment le cas d’un patient extrêmement grave auquel du dioxyde de chlore aurait été administré par voie intraveineuse après accord de l’équipe médicale. Il rapporte ensuite une amélioration spectaculaire de l’état pulmonaire et de la saturation en oxygène, ainsi qu’une sortie de l’hôpital plusieurs semaines plus tard.

Le Congrès péruvien comme point culminant

L’audition du 19 juin 2021 représente finalement une sorte de point culminant de cette première période.

Chávez arrive devant une commission parlementaire avec plusieurs années d’expérience personnelle qu’il revendique, un réseau international de médecins, des dossiers scientifiques constitués par COMUSAV, des témoignages de patients et une théorie biologique censée expliquer l’action du dioxyde de chlore.

Il présente alors sa vision du SARS-CoV-2 et des mécanismes d’action supposés du CDS. D’autres médecins interviennent parallèlement sur la toxicité, les études cliniques et les statistiques revendiquées par COMUSAV.

Le simple fait que cette audition ait eu lieu ne constitue évidemment pas une validation scientifique du CDS par le Congrès péruvien. Mais il s’agit d’un fait historique important : Chávez a bien été officiellement invité à présenter son argumentation devant une institution parlementaire qui avait consacré une commission entière à cette question.

Ce que Chávez peut répondre à ses détracteurs

Si l’on voulait véritablement donner à Pedro Chávez un « droit de réponse » face aux critiques qui l’ont présenté comme un simple charlatan, sa défense pourrait être résumée de manière beaucoup plus nuancée que dans la plupart des polémiques.

Il pourrait d’abord rappeler qu’il est médecin, qu’il a exercé dans la médecine militaire mexicaine et qu’il connaissait le dioxyde de chlore avant la pandémie. Il pourrait ensuite rappeler qu’il n’a pas seulement diffusé des témoignages sur les réseaux sociaux : il a contribué à organiser COMUSAV, participé à la constitution d’un dossier scientifique et cherché à obtenir des essais cliniques auprès des autorités. Il pourrait encore rappeler qu’il affirme avoir personnellement traité plusieurs milliers de patients et avoir observé des améliorations qu’il juge suffisamment nombreuses et suffisamment cohérentes pour justifier une étude scientifique. Enfin, il pourrait souligner qu’il a accepté de présenter publiquement son raisonnement devant une commission du Congrès péruvien. Il rappellerait aussi que plusieurs centaines de médecin en Amérique du Sud on prit part au COMUSAV et ont, comme lui-même, donné du CDS à nombre de leurs patients, avec les mêmes résultats spectaculaires observés.

Une controverse qui aurait pu être tranchée expérimentalement

C’est peut-être finalement la question la plus intéressante de toute cette histoire, Chávez disait qu’il fallait étudier le CDS, les autorités et la communauté scientifique répondaient qu’il n’existait pas suffisamment de preuves pour le recommander, mais la seule manière véritablement décisive de résoudre cette opposition aurait été de réaliser des essais cliniques suffisamment robustes, avec des critères définis à l’avance, une méthodologie transparente et une comparaison permettant de mesurer précisément les bénéfices et les risques.

Dans cette perspective, les dossiers de COMUSAV constituent surtout une tentative de transformer une expérience médicale controversée en hypothèse scientifique testable, le problème est que la démonstration définitive n’est pas venue par manque de volonté des personnes au pouvoir.

Une histoire qui mérite mieux que la caricature

Pour ses défenseurs, il est le médecin courageux qui a osé utiliser une substance méprisée par la médecine officielle et qui affirme avoir sauvé des milliers de vies.

Sources primaires et documents à consulter

Le document officiel du Congrès péruvien est particulièrement important : il confirme directement la présence de Pedro Chávez Zavala à la séance du 19 juin 2021 et le titre exact de son intervention.

Document officiel du Congrès du Pérou — séance du 19 juin 2021

Le dossier COMUSAV de demande d’essais cliniques constitue la pièce documentaire la plus intéressante pour comprendre les arguments scientifiques que Chávez et ses collaborateurs souhaitaient soumettre aux autorités.

Dossier « Pedido de Ensayos Clínicos de CDS » — COMUSAV

Le témoignage reproduit dans Bye Bye Covid contient notamment le récit détaillé par Chávez du patient hospitalisé en 2020 et sa déclaration concernant environ 3 000 patients traités.

Témoignage de Pedro Chávez dans « Bye Bye Covid »

Enfin, la page de COMUSAV/Salud y Vida consacrée à la toxicologie permet de retrouver la documentation que l’organisation elle-même présentait comme fondement de son argumentation sur la sécurité du CDS.

Dossier toxicologique présenté par COMUSAV

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